Cardio-oncologie : la Belgique est moins bonne élève que ses voisins

Étude 2 - Dossier de presse Belgian Society of Cardiology 2020

La Belgique fait moins bien que ses voisins européens en matière de cardio-oncologie sur le plan de l’organisation, de la formation, des connaissances et de l’approche. Par exemple, la France, l’Italie et les Pays-Bas ont déjà structuré une approche multidisciplinaire pour les patients atteints de cancers qui présentent un risque de maladies cardio-vasculaires. Ces pays ont par ailleurs conçu un programme d’enseignement et de formation approfondi en la matière. Ils ont également mis sur pied un conseil de cardio-oncologie ou introduit un programme d’enseignement exhaustif. Certains pays organisent en plus de cela un congrès annuel qui se consacre spécifiquement à cette problématique. Enfin, en France, en Italie et au Royaume-Uni, un diplôme est délivré pour l’exercice de la cardio-oncologie.

Nouvelles recherches de la Belgian Society of Cardiology

Quelques chiffres d’abord : il ressort d’une récente enquête de la Belgian Cardiology Society1 que seul 1 hôpital sur 3 dispose d’un service de cardio-oncologie et que 10 % d’entre eux seulement prévoient une structure permanente pour les soins requis par ces patients. Par ailleurs, seul 1,2 cardiologue sur 10 estiment être un expert dans ce domaine.

La cardio-oncologie exige une organisation complexe susceptible de différer grandement suivant les hôpitaux et les communautés. En Belgique, cependant, on ne sait pratiquement rien des connaissances, de la structure et du travail actuels des cardiologues qui s’occupent de patients belges atteints de cancer. C’est pourquoi le Belgian Society of Cardiology (BSC) a décidé en 2019 d’élargir l’enquête du Conseil de cardio-oncologie de l’European Cardiology Society (ESC), à laquelle quelques centres belges à peine avaient participé.

L’enquête a été envoyé à 606 membres de la BSC. Au total, 159 d’entre eux ont répondu, soit 26,2 % des destinataires du questionnaire. La participation est donc nettement supérieure à celle de l’enquête du Conseil européen. La majorité des répondants avait entre 30 en 60 ans (83 %). Les hommes étaient plus représentés que les femmes (69 % contre 31 %). La plupart des participants travaillaient dans un centre hospitalier universitaire (47 %) ou dans un hôpital public (40 %).

Mauvaise préparation des hôpitaux belges

L’enquête montre que seuls 40 % des hôpitaux disposent d’un service ou d’un département cardio-oncologique spécialisé. À la question de savoir combien de patients souffrant de complications cardio-vasculaires après un traitement cancéreux avaient été traités dans les 12 derniers mois, 74 % des répondants affirmaient qu’entre 1 et 20 patients avaient été pris en charge dans ce cadre. Ils étaient 26 % à avoir reçu plus de 20 patients en consultation. Environ 54 % des participants travaillaient dans un service ou un département général de cardiologie, 16 % travaillaient à temps partiel et seuls 3 % exerçaient dans des centres cardiooncologiques spécifiques dans des hôpitaux oncologiques spécialisés.

Les cardiologues ne sont pas encore experts en la matière

La plupart des répondants ont jugé « raisonnables » leurs connaissances du traitement des patients atteints de maladies cardio-vasculaires, telles que l’altération de la fonction du ventricule gauche (49%) et les fibrillations atriales (45 %). Environ 11 % s’estimaient experts. Un faible nombre d’entre eux (5-7 %) jugent leurs connaissances « mauvaises ». Par rapport aux données de l’ESC (30 %), le nombre d’experts de l’étude BSC (11 %) est bien plus faible. Environ 29 % des répondants déclaraient chaque année plus de 20 renvois de patients par des médecins généralistes. Quelque 65 % des participants disent recevoir régulièrement en consultation des patients atteints de maladies cardio-vasculaires et connaissent l’historique de la maladie. Il est frappant de constater que 44 % des répondants ne sont pas au courant de la prise de position de l’ESC en 20162 concernant la prise en charge des patients atteints du cancer ou n’appliquaient jamais les conclusions en découlant.  

Dans la pratique, ce manque de compréhension et de connaissance de l’interaction entre les deux disciplines explique partiellement pourquoi 36 % des patients en phase active de leur cancer reçoivent moins rapidement des traitements invasifs pour un infarctus aigu du myocarde. Le diagnostic est souvent établi trop tard et le traitement des complications liées aux traitements du cancer n’intervient pas assez tôt.

Besoin de cours éducatifs

À la question de savoir si la BSC devrait organiser des cours ou réunions éducatifs concernant la cardiooncologie, une majorité écrasante (97 %) a répondu par l’affirmative. Parmi eux, 69 % ont répondu « oui » sans réserve, tandis que 28 % ont opté pour « peutêtre ». Toutefois, à ce jour, aucun programme d’enseignement cardio-oncologique n’a vu le jour en Belgique, alors que nos voisins (France, Italie, PaysBas) en ont déjà établi un voici quelques années déjà.  

Force est toutefois de constater que les données ressortant de cette enquête ne permettent pas une analyse exhaustive de la cardio-oncologie en Belgique. Cela dit, cette enquête est la première du genre à ce sujet en Belgique.

Téléchargez ici le dossier de presse complet :

Persdossier BSC 2020_FR_13.02.2020.pdf 449 KB
Astrid Dupuis Project Manager, Two cents

 

 

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